Relevé 3D en architecture : retour d’expérience d’une agence équipée en scan
Entre plans manquants, bâtiments anciens déformés et contraintes de délais, le relevé de l’existant est l’un des points les plus sensibles en architecture, en particulier en rénovation et réhabilitation. Pour fiabiliser les études et réduire les incertitudes, de plus en plus d’agences s’appuient sur le scan 3D et le nuage de points comme base de conception.
Dans cet article, nous partageons le retour d’expérience de Samuel Luzon, Architecte D.E.A – H.M.O.N.P et dirigeant de SJLARCHITECTE. Depuis 2017, son agence intègre le scan 3D dans ses projets sur l’existant. Objectif : comprendre ce que cela change concrètement — usages, livrables, bénéfices… et limites à anticiper.
SJLARCHITECTE : une agence d’architecture réactive, ancrée en Île-de-France
Samuel Luzon dirige l’agence SJLARCHITECTE, une structure à taille humaine basée en Île-de-France avec deux implantations (Sarcelles et Créteil). L’équipe qui compte 4 personnes, se veut réactive, proche des clients, tout en suivant plusieurs opérations en parallèle. L’agence intervient sur des projets de rénovation/réhabilitation (logements, commerces, ERP), mais aussi sur du neuf (logements, petits équipements) et du “patrimoine du quotidien” : bâtiments existants en centre-ville, maisons anciennes à requalifier, etc.
Ces typologies de projets impliquent souvent une réalité terrain complexe, peu documentée… et donc un enjeu fort sur la qualité du relevé.
SJLARCHITECTE utilise un scanner laser 3D depuis 2017, le Leica BLK360, un modèle professionnel adapté au relevé architectural de bâtiments existants. Il permet de travailler aussi bien en intérieur qu’en extérieur, avec une bonne précision sur des scènes complexes : cages d’escaliers, combles, façades, charpentes, etc.
Pourquoi investir dans le scan 3D quand on est architecte ?
Chez SJLARCHITECTE, le scan 3D intervient principalement lors du diagnostic / relevé de l’existant et en phase de conception / modélisation. Selon les projets, il sert aussi ponctuellement au contrôle en phase chantier, à la communication client (extraits de nuage, vues 3D, visuels annotés) et à certains éléments de DOE
Samuel Luzon explique que l’agence a franchi le pas pour fiabiliser les dimensions, réduire les retours sur site et sécuriser la conception sur des bâtiments existants souvent complexes et peu documentés. Plusieurs constats ont conduit l’agence à investir dans le scan 3D :
1) Des relevés de plus en plus complexes
Bâtiments anciens déformés, niveaux multiples, structures difficiles d’accès… Le relevé “classique” devient plus long, plus risqué et plus coûteux en retours terrain.
2) Fiabiliser les dimensions pour réduire les écarts
L’objectif est clair : limiter les incohérences entre l’existant réel et les plans produits, et réduire les erreurs en conception.
3) Gagner du temps (et éviter les allers-retours)
Avant le scan 3D, certains relevés nécessitaient plusieurs retours sur site. Malgré la rigueur des équipes, des incohérences pouvaient apparaître.
4) Valoriser l’offre auprès de clients sensibles au numérique et au BIM
Le scan 3D est aussi un signal fort pour les clients : précision, maîtrise technique, capacité à travailler sur l’existant et à produire des livrables cohérents dans un contexte BIM.
Aujourd’hui, l’agence résume la valeur du nuage de points en une phrase : « Le nuage de points nous offre une base très sûre et exploitable dans la durée. »
Formation et prise en main : l’outil est intuitif, le workflow fait la différence
L’agence a suivi une formation initiale à l’utilisation du scanner et au traitement du nuage de points. La prise en main s’est faite en deux temps :
une phase d’appropriation technique d’acquisition sur le terrain (paramétrage, bonnes pratiques, gestion des stations)
une phase méthodologique côté bureau pour traiter le nuage de points et son exploitation dans les outils métier (Revit / SketchUp)
Après quelques projets, l’outil s’est révélé intuitif sur le terrain. Mais l’agence souligne un point essentiel : le vrai sujet est moins la manipulation du scanner que la structuration du workflow : acquisition → enregistrement → nettoyage → import → exploitation.
Points de vigilance : ce que le scan 3D demande en contrepartie
Si le scan 3D simplifie énormément le relevé de l’existant, il demande aussi un minimum de méthode. Les principaux points d’attention concernent surtout le “post-traitement” : le temps nécessaire pour traiter le nuage, le poids des fichiers, et l’organisation du workflow pour l’exploiter efficacement dans les outils (Revit, SketchUp…). Enfin, l’investissement matériel et logiciel peut représenter un frein pour certaines petites structures.
Revit, SketchUp, AutoCAD : le nuage de points intégré au workflow
Pour la conception et la production des plans, SJLARCHITECTE utilise principalement :
REVIT pour la modélisation 3D
SketchUp + VRAY pour les images de synthèse
AUTOCAD en complément pour certaines précisions
divers outils de rendu et mise en page (suite Adobe, etc.)
Le nuage de points issu du scanner 3D est intégré dans ce flux de travail pour servir de base fiable et exploitable dans la durée.
Quels livrables produire à partir d’un relevé 3D ?
À partir du nuage de points, l’agence produit notamment :
des plans 2D (niveaux, plans de toiture…)
des coupes et façades détaillées
des modèles 3D sous REVIT pour les études volumétriques
des orthophotos ou visuels annotés pour communiquer avec le client ou les entreprises
Cas concret : réhabilitation d’une maison
Un projet récent illustre l’intérêt du scan 3D : la réhabilitation complète d’une maison en centre-ville avec la création d’une extension.
Contexte : pas de plan d’origine, structure peu lisible
Le bâtiment présentait plusieurs difficultés :
plan d’origine inexistant
nombreux travaux successifs
structure peu lisible
combles aménagés sans documentation
Objectif : établir un relevé fiable pour sécuriser la conception
L’objectif était de produire une base fiable pour :
redéfinir les circulations
sécuriser les structures
optimiser les surfaces habitables
Le scan 3D comme accélérateur de fiabilité
Le scan a permis :
une acquisition rapide du bâtiment en quelques heures avec une réduction des allers-retours sur site
un nuage de points très précis sur les zones complexes (escaliers, charpente, pignons non parallèles…) qui a permis d’éviter toute incertitude dimensionnelle en phase esquisse et pro
la production de plans, coupes et façades cohérents, avec une lecture claire des déformations a supporté une meilleure communication avec le client et les bureaux d’études
Résultat : moins d’incertitudes, moins d’allers-retours sur site, et une meilleure coordination entre intervenants.
Le scan 3D va-t-il devenir un standard en architecture ?
Pour Samuel Luzon, la réponse est oui — au moins pour les agences qui travaillent régulièrement sur l’existant. Il observe que : “Comme pour la 3D et le BIM il y a quelques années, l’adoption se fait progressivement : d’abord portée par les structures les plus innovantes, puis de plus en plus largement à mesure que les coûts baissent et que les workflows deviennent plus simples à mettre en place”.
Ce que les architectes attendent pour aller encore plus loin
Si le scan 3D s’intègre déjà très bien dans les projets de rénovation et de réhabilitation, Samuel Luzon estime qu’une meilleure interopérabilité entre les nuages de points et les logiciels de modélisation/BIM, et davantage de modélisation automatique à partir du nuage pourrait encore plus accélérer la production des livrables.
Merci à Samuel Luzon pour ce retour d’expérience terrain et son éclairage sur l’intégration du scan 3D en agence.
Focus sur Samuel Luzon
Architecte D.E.A – H.M.O.N.P et dirigeant de SJLARCHITECTE (Île-de-France)
Rénovation • Réhabilitation • Existant • Relevé 3D • Nuage de points • Revit
Dès 2017, Samuel Luzon a fait le choix d’investir dans le scan 3D Leica BLK360, alors encore peu répandu dans les agences. Depuis, il l’a intégré au cœur de son workflow pour sécuriser les relevés de l’existant et produire des livrables fiables et exploitables
« Le scan 3D, c’est comme passer du croquis à main levée à la photo haute résolution de votre bâtiment : on ne conçoit plus les projets de la même façon après y avoir goûté. »
FAQ — Relevé 3D, scan 3D et nuage de points : les questions fréquentes des architectes
-
Oui, c’est l’un des meilleurs cas d’usage. En rénovation, l’existant est rarement “conforme” : le scan 3D permet d’obtenir une base fiable pour concevoir sans multiplier les retours sur site.
-
Nuage de points, visite 3D, plans 2D, coupes, façades, maquette Revit/BIM, orthophotos et visuels annotés selon les besoins du projet.
-
Non. Beaucoup d’agences démarrent en passant par un prestataire spécialisé ou par une location du matériel après s’être fait formé. L’achat devient pertinent avec un volume de projets régulier.
-
Oui. Même sur des projets “modestes”, le scan 3D peut sécuriser la conception, éviter des erreurs et faire gagner du temps, notamment quand le bâtiment est irrégulier ou peu documenté (ex : un appartement dans un bâtiment ancien, un restaurant…)
-
Il n’existe pas de prix unique pour un relevé au scanner laser 3D. Le coût dépend principalement du projet, de sa complexité et des livrables attendus.
Un relevé 3D peut varier en fonction de :
La surface et le type de bâtiment (maison individuelle, immeuble, ERP, site industriel, patrimoine, etc.)
La complexité de l’existant (bâtiment ancien déformé, niveaux multiples, combles, cages d’escaliers)
Le niveau de précision attendu (simple base de conception vs relevé très fin pour réhabilitation lourde)
Les livrables demandés (nuage de points, nombre de coupes, plan 2D ou maquette 3D)
Les compétences et l’équipement matériel du prestataire